La Renault 12 Sedan est une berline familiale 4 portes à traction avant, produite en France de 1969 à 1980, avec une carrière mondiale qui s’est prolongée bien au-delà. Robuste, simple à entretenir et étonnamment spacieuse pour son époque, elle a séduit des millions de familles sur tous les continents. Voici ce que vous devez savoir avant de vous y intéresser :
- Une mécanique accessible et une mécanique simple à maîtriser
- Des versions variées pour tous les profils (entrée de gamme, sportive, familiale)
- Un marché collection encore abordable avec des pièces disponibles
- Une histoire industrielle mondiale unique pour une voiture française
Que vous soyez nostalgique, passionné d’anciennes ou simplement curieux, la R12 mérite toute votre attention.
Présentation de la Renault 12 Sedan (R12)
La Renault 12, surnommée affectueusement R12, est une berline 4 portes 5 places à carrosserie monocoque. Elle repose sur une traction avant, une vraie nouveauté pour une familiale de ce segment à la fin des années 1960. Renault la conçoit avec une philosophie claire : fiabilité, coût d’usage bas, et adaptation à de nombreux marchés. Elle est longue d’environ 4,30 m et pèse entre 880 et 980 kg selon les versions. Elle succède à la Renault 10 dans la chronologie de la marque et sera remplacée dans l’esprit par la Renault 18.
Pourquoi la Renault 12 Sedan a marqué son époque
En 1973, la Renault 12 devient la voiture la plus vendue en France. Ce chiffre résume à lui seul son impact. Elle incarne la démocratisation de l’automobile : une voiture que les familles modestes pouvaient acheter, conduire et entretenir sans se ruiner. Elle est associée aux vacances en famille, aux trajets quotidiens, aux routes de campagne. Sa traction avant, sa direction à crémaillère et sa suspension McPherson en font une auto moderne pour son époque. La production totale toutes usines confondues dépasse 4 090 629 exemplaires, ce qui dit tout de son succès planétaire.
Dates clés et évolutions du modèle en France (1969–1980)
| Année | Événement clé |
|---|---|
| 1969 | Présentation au Salon de Paris, lancement des versions L et TL |
| 1970 | Arrivée de la version break au Salon de Paris |
| 1971 | Lancement de la Renault 12 Gordini et de la Coupe Gordini |
| 1972 | Sortie de la version TS |
| 1973 | La R12 devient la voiture la plus vendue en France |
| 1974 | Apparition de la version TR Automatic |
| 1975 | Fin de la Gordini en France, restylage Phase 2 |
| 1978 | Disparition de la version L, ceintures arrière obligatoires |
| 1980 | Fin de la production en France |
La carrière française dure onze ans, sans révolution technique majeure. Renault mise sur des améliorations progressives de confort, de finitions et d’équipements.
Design et restylage : différences entre Phase 1 et Phase 2
La Phase 1 (1969–1975) se reconnaît à sa calandre en plastique noir, son style sobre et ses feux arrière de taille réduite. La Phase 2 (fin 1975–1980) apporte des changements visibles sans bouleverser la silhouette :
- Calandre modernisée avec un graphisme différent
- Pare-chocs rehaussés et plus protecteurs
- Feux arrière agrandis pour une meilleure visibilité
- Tableau de bord revu selon les finitions
- Selleries et finitions intérieures améliorées
Le style général reste identifiable dans les deux phases. La Phase 2 est souvent perçue comme plus soignée à l’intérieur, avec une présentation plus contemporaine pour l’époque.
Caractéristiques techniques essentielles de la Renault 12 Sedan
La R12 repose sur une base technique solide et bien pensée pour une voiture familiale de son temps :
- Carrosserie : berline 4 portes, monocoque, 5 places
- Transmission : traction avant
- Suspension avant : McPherson
- Suspension arrière : essieu rigide (simple et robuste)
- Direction : à crémaillère, précise pour l’époque
- Boîte de vitesses : manuelle 4 vitesses (standard), 5 vitesses sur Gordini, automatique 3 vitesses sur certaines versions
- Dimensions : longueur ≈ 4,30 m, largeur ≈ 1,60 m, hauteur ≈ 1,44 m
Motorisations et puissances selon versions et marchés
Le moteur principal est le Cléon-Fonte, un 4 cylindres en ligne essence robuste et simple à entretenir. La Gordini reçoit le Cléon-Alu, plus léger et plus performant.
| Version | Moteur | Cylindrée | Puissance |
|---|---|---|---|
| L | Cléon-Fonte | 1 289 cm³ | ≈ 50–54 ch |
| TL | Cléon-Fonte | 1 289 cm³ | ≈ 54 ch |
| TS | Cléon-Fonte | 1 289 cm³ | ≈ 60–64 ch |
| GTS | Cléon-Fonte | 1 289–1 397 cm³ | ≈ 60–64 ch |
| Gordini | Cléon-Alu | 1 565 cm³ | 113–125 ch |
Selon les marchés d’exportation (Argentine, Turquie…), des cylindrées de 1,4 L ou 1,6 L ont été montées pour s’adapter aux conditions locales.
Performances, consommation et chiffres à connaître
| Indicateur | Version standard | Version TS | Gordini |
|---|---|---|---|
| Vitesse maximale | ≈ 145 km/h | ≈ 150 km/h | ≈ 185 km/h |
| Poids à vide | 880–950 kg | ≈ 950 kg | ≈ 980 kg |
| Consommation mixte | ≈ 7,5 L/100 km | ≈ 8 L/100 km | ≈ 10–11 L/100 km |
| Boîte de vitesses | Manuelle 4 vitesses | Manuelle 4 vitesses | Manuelle 5 vitesses |
Ces chiffres sont des ordres de grandeur issus des données techniques de l’époque. Les valeurs réelles dépendent de l’état du véhicule et des conditions de conduite.
Finitions et versions principales (L, TL, TS, GTS)
Renault propose une gamme claire, lisible et bien structurée :
- L : version entrée de gamme, équipement basique, moteur 1,3 L, prix d’accès accessible
- TL : mieux équipée que la L, quelques conforts supplémentaires (accoudoirs, éclairage de coffre)
- TS : plus dynamique, compte-tours, présentation sportive, puissance légèrement supérieure
- GTS : orientée confort, vitres électriques avant, appuie-têtes, sellerie de meilleure qualité selon les marchés
- Break : carrosserie familiale allongée (≈ 4,40 m), très prisée des familles et des artisans
La version TR Automatic (1974) propose une boîte automatique 3 vitesses, rare et recherchée aujourd’hui.
Renault 12 Gordini : la déclinaison sportive devenue culte
La Renault 12 Gordini est présentée en 1971. Elle incarne le côté sportif de la gamme. Son moteur Cléon-Alu de 1 565 cm³ développe entre 113 et 125 ch selon les variantes, propulsant la berline à 185 km/h. Elle reçoit une boîte 5 vitesses, des freins à disque renforcés, un look spécifique avec bandes latérales bleues sur carrosserie bleue. Elle est utilisée en Coupe Gordini de 1971 à 1974. Les frères Marreau accomplissent avec elle la liaison Le Cap–Alger, un exploit de l’époque. En 1978, Jorge Recalde remporte la classe B du Tour d’Amérique du Sud au volant d’une Renault 12 TS en Argentine. La Gordini disparaît du catalogue français en 1975. Aujourd’hui, elle est la version la plus recherchée et la plus valorisée.
Confort, habitabilité et coffre : une vraie berline familiale
La R12 surprend par son espace intérieur. Cinq adultes y voyagent sans se sentir à l’étroit. Le coffre est généreux pour une berline de cette époque. La version break amplifie encore cet avantage pratique. La suspension arrière rigide absorbe correctement les imperfections de la route sans sacrifier la tenue de cap. Les versions GTS et TL proposent un confort de siège supérieur grâce à des selleries plus moelleuses. L’ergonomie reste simple, sans fioritures inutiles. La visibilité est excellente grâce à des surfaces vitrées généreuses.
Fiabilité, entretien et points faibles à surveiller aujourd’hui
La R12 est réputée pour sa fiabilité mécanique, mais les exemplaires survivants ont souvent 45 ans ou plus. Voici les points à inspecter avant tout achat :
- Corrosion : planchers, bas de caisse, passages de roues et longérons (ennemi numéro un)
- Moteur Cléon-Fonte : vérifier les joints de culasse et la consommation d’huile
- Boîte de vitesses : contrôler les passages de rapports, usure normale sur les vieux exemplaires
- Circuit de refroidissement : durites à remplacer systématiquement si non faites
- Direction : vérifier l’usure de la crémaillère et les rotules
- Freins : étriers bloqués et flexibles craquelés sont fréquents
La bonne nouvelle : les pièces restent globalement disponibles grâce aux grandes quantités produites et aux productions étrangères (Dacia, Turquie, Argentine).
Renault 12 Sedan dans le monde : productions sous licence et noms locaux
| Pays | Nom local | Période de production | Particularités |
|---|---|---|---|
| Roumanie | Dacia 1300 / 1310 | 1969–2004 (voire 2006) | Nombreuses variantes (berline, break, pick-up) |
| Turquie | Renault Toros | 1971–2000 | Carrosserie renforcée, ≈ 700 000 ex. produits |
| Argentine | Renault 12 | 1971–1994 | Moteurs 1,4 L et 1,6 L, break très populaire |
| Espagne | Renault 12 S | 1970–1983 | Finitions adaptées au marché espagnol |
| Australie | Renault Virage / 1.4 Litre | 1970–1980 | Conduite à droite, normes locales |
D’autres pays ont assuré l’assemblage local : Maroc, Colombie, Côte d’Ivoire, Portugal, Irlande, Madagascar, Afrique du Sud. La R12 est sans doute l’une des Renault les plus produites hors de France dans les années 1970.
Concurrents directs et positionnement face aux berlines des années 70
La R12 évolue dans le segment des berlines familiales moyennes. Ses rivales directes sont :
| Modèle | Marque | Atouts face à la R12 |
|---|---|---|
| Citroën GS | Citroën | Suspension hydropneumatique, tenue de route |
| Peugeot 304 | Peugeot | Finitions, image de marque |
| Simca 1301 | Simca | Réseau, prix, accessibilité |
La R12 dépasse la Simca 1100 en volume de ventes dès 1973. Elle se distingue par son coffre plus grand, sa traction avant et son coût d’entretien très bas.
Renault 12 Sedan en collection : prix, disponibilité des pièces et conseils d’achat
La R12 reste l’une des berlines françaises des années 1970 les plus accessibles financièrement. Un exemplaire en état moyen se négocie entre 1 500 et 4 000 €. Un exemplaire restauré ou en très bon état dépasse rarement 8 000 à 10 000 €. Une Gordini bien préservée peut atteindre 15 000 à 20 000 € selon l’état et l’historique.
Nos conseils avant d’acheter :
- Exiger un historique d’entretien même partiel
- Faire inspecter les soubassements par un spécialiste avant tout achat
- Rejoindre un club avant l’achat pour bénéficier de conseils communautaires
- Vérifier la disponibilité des pièces spécifiques à la version visée (Gordini en particulier)
Les pièces courantes (joints, filtres, durites, plaquettes) restent facilement trouvables. Les éléments de carrosserie sont plus rares mais pas introuvables grâce au réseau de clubs actifs.
FAQ : questions fréquentes sur la Renault 12 Sedan
Quelle est la version la plus fiable à acheter aujourd’hui ?
La TL ou la TS Phase 2 (après 1975) offre un bon compromis entre équipement et fiabilité. Privilégiez un exemplaire avec un carnet d’entretien et des soubassements sains.
La Gordini est-elle encore trouvable ?
Oui, mais avec patience. Les exemplaires authentiques se font rares. Méfiez-vous des fausses Gordini construites à partir de versions standards.
Les pièces sont-elles encore disponibles ?
Globalement oui, notamment grâce à la longévité de la Dacia 1300 et aux productions turque et argentine. Les clubs de propriétaires restent la meilleure source.
La R12 peut-elle rouler au quotidien ?
Tout à fait, avec un entretien rigoureux. Elle reste simple à conduire, agréable sur route et peu gourmande (≈ 7,5 L/100 km en usage normal).
Existe-t-il un projet de Renault 12 électrique ?
Des rumeurs circulent autour d’un concept Renault 12 EV, une réinterprétation électrique du modèle. Rien d’officiel confirmé à ce jour : il s’agit d’une piste évoquée dans certains cercles de passionnés et d’observateurs de la marque.
À retenir
- La Renault 12 Sedan est produite en France de 1969 à 1980, avec plus de 4 millions d’exemplaires fabriqués dans le monde.
- Elle existe en quatre finitions principales (L, TL, TS, GTS) et en version sportive Gordini (125 ch, 185 km/h).
- La Phase 2 (après fin 1975) apporte calandre, pare-chocs, feux et intérieur modernisés.
- Son principal point faible aujourd’hui reste la corrosion : planchers et soubassements à inspecter en priorité.
- Elle reste l’une des berlines françaises des années 70 les plus accessibles pour débuter en collection (à partir de 1 500 €).