La Chevrolet Impala 4 portes de 1967 est une grande berline américaine “full-size”, disponible en version hardtop ou sedan, propulsée par des moteurs allant de 155 ch à 385 ch. Voici ce qu’il faut savoir avant de l’acheter, de l’estimer ou simplement de la comprendre :
- Son design “Coke bottle” sculpté reste l’un des plus reconnaissables des années 60
- Elle existe en deux carrosseries 4 portes aux caractéristiques très différentes
- Sa gamme moteur couvre autant le trajet tranquille que les performances de muscle car
- Sa cote varie aujourd’hui de 15 000 \(à plus de 50 000\) selon la version et l’état
Voici notre fiche complète, technique et sans détour.
Présentation de la Chevy Impala 4 door 1967
La Chevrolet Impala 1967 appartient à la 4e génération, lancée en 1965. Ce millésime reçoit un restylage significatif : lignes plus fluides, ailes arrière plus “gonflées”, face avant redessinée. Elle reste l’une des voitures les plus vendues aux États-Unis cette année-là, avec environ 575 600 exemplaires produits toutes versions confondues. La grande majorité sort d’usine avec un V8. C’est une voiture familiale pensée pour l’espace, le confort et — selon le moteur retenu — des performances franchement impressionnantes.
Impala 1967 dans la gamme Chevrolet : Biscayne, Bel Air, Impala, Caprice
En 1967, Chevrolet propose quatre grandes berlines “full-size” sur la même base de châssis :
| Modèle | Positionnement | Usage typique |
|---|---|---|
| Biscayne | Entrée de gamme | Flottes, taxis, administrations |
| Bel Air | Milieu de gamme | Clientèle familiale sobre |
| Impala | Premium accessible | Grand public, bien équipée |
| Caprice | Luxe | Clientèle exigeante |
L’Impala se positionne clairement au-dessus de la Bel Air et en dessous de la Caprice. Elle offre un niveau d’équipement généreux sans atteindre le tarif du haut de gamme. C’est ce positionnement qui en fait le modèle le plus vendu de la gamme en 1967.
Sedan ou Hardtop 4 portes : différences, avantages et rareté
La carrosserie 4 portes se décline en deux versions distinctes, souvent confondues :
La Sedan 4 portes classique conserve un montant central (pilier B) entre la vitre avant et la vitre arrière. Elle offre plus de rigidité et un style plus traditionnel.
Le Hardtop 4 portes, également appelé “Sport Sedan”, supprime ce montant central. Vitres baissées, l’ouverture est totale, pour un effet proche d’un coupé. Cette version est aujourd’hui jugée plus élégante et donc plus recherchée par les collectionneurs, ce qui se reflète directement sur sa cote.
Design 1967 et éléments d’identification (style “Coke bottle”, chrome, face avant, feux arrière)
La silhouette “Coke bottle” est la signature visuelle de cette génération. Les flancs se creusent légèrement au centre, puis s’élargissent vers les ailes — une ligne qui rappelle la forme d’une bouteille de Coca-Cola. En 1967, ce galbe est plus affirmé que sur les millésimes précédents.
Les éléments distinctifs à repérer :
- Face avant : calandre redessinée, phares intégrés au tablier, look plus affirmé
- Flancs : baguettes chromées, ailes marquées, sculptures latérales prononcées
- Arrière : passage des feux ronds aux feux rectangulaires arrondis, plus larges, avec entourages foncés
- Chrome omniprésent : contours de vitres, emblèmes, baguettes de seuil
Ces détails permettent d’identifier un 1967 au premier coup d’œil, face à un 1965 ou 1966.
Dimensions, poids et habitabilité : ce qu’implique le grand format “full-size”
| Mesure | Valeur |
|---|---|
| Longueur | 5,41 – 5,42 m |
| Empattement | 302 cm |
| Largeur | 203 cm |
| Hauteur | 141 cm |
| Voie avant | 159 cm |
| Voie arrière | 158 cm |
| Poids | 1 587 – 1 632 kg |
Ces dimensions en font une voiture très stable en ligne droite. L’empattement de 302 cm garantit une habitabilité généreuse à toutes les places. Le gabarit impose une attention particulière en stationnement urbain. En conduite sur route ouverte, la stabilité est réelle, mais le roulis en virage est perceptible — c’est une grande berline, pas une sportive.
Intérieur et confort : banquettes, ambiance, finitions et équipements
L’habitacle est organisé autour d’une philosophie simple : priorité au confort et à l’espace. La configuration banquette avant + banquette arrière offre 6 places assises. Les selleries varient selon l’option choisie : tissu/vinyle, tout vinyle, ou combinaisons bicolores.
Les finitions notables :
- Portes intérieures rembourrées avec panneau bas en tapis
- Tableau de bord à texture similicuir et incrustations aspect bois
- Horloge électrique centrale (détail recherché par les restaurateurs)
- Éclairage de courtoisie aux portes
- Commandes claires, lisibles, typiques de l’ergonomie américaine des années 60
L’atmosphère générale est chaleureuse, généreuse en espace de tête et aux jambes.
Châssis, propulsion et suspensions : architecture et sensations de conduite
L’Impala 1967 repose sur un châssis séparé (body-on-frame), typique de la conception américaine de l’époque. Les roues arrière sont motrices. Cette architecture procure une impression de solidité et une excellente isolation des vibrations. Chevrolet équipe les quatre roues de ressorts hélicoïdaux, un choix orienté confort. Le résultat est une conduite douce, absorbante, souvent comparée à un “tapis volant” — idéale pour les longs trajets en famille.
Freinage, direction et pneus : points clés à connaître
Freinage : la dotation de série comprend quatre freins à tambours. Compte tenu du poids de la voiture (jusqu’à 1 632 kg), nous recommandons vivement de vérifier la présence de l’option disques avant, disponible à l’époque et très conseillée à l’usage. Un voyant de surveillance au tableau de bord permettait de contrôler l’état du système.
Direction : la direction à billes avec assistance est la solution retenue. Elle est progressive et allège significativement les manœuvres malgré le gabarit.
Pneus : le format d’origine est 8.25 x 14, orienté confort plutôt que performance.
Moteurs disponibles en 1967 : du 6 cylindres aux V8 big-block
| Moteur | Cylindrée | Puissance | Couple |
|---|---|---|---|
| 6 cyl. Turbo-Thrift 250 | 4,1 L (250 ci) | 155 ch | 319 Nm |
| V8 Turbo-Fire 283 | 4,6 L (283 ci) | 195 ch | 386 Nm |
| V8 Turbo-Fire 327 | 5,4 L (327 ci) | 275 ch | 482 Nm |
| V8 Big-Block Turbo-Jet 396 | 6,5 L (396 ci) | 325 ch | 556 Nm |
| V8 Big-Block Turbo-Jet 427 | 7,0 L (427 ci) | 385 ch | 624 Nm |
(Puissances annoncées en SAE brut, selon les normes de l’époque)
Le 6 cylindres reste fiable et économique, mais la grande majorité des acheteurs choisissait un V8 dès 1967. Le 327 est souvent cité comme le meilleur équilibre de la gamme.
Performances selon les motorisations : accélérations, vitesse et ressenti sur route
| Moteur | 0–100 km/h | Vitesse max (estimée) |
|---|---|---|
| 6 cyl. 4,1 L | ~14 s | ~160 km/h |
| V8 283 | ~10 s | ~180 km/h |
| V8 327 | ~8 s | ~195 km/h |
| V8 396 | ~7 s | ~210 km/h |
| V8 427 | ~6 s | ~220 km/h |
Avec le 427, l’Impala 4 portes devient une véritable fusée, même chargée. Pour un usage quotidien ou touristique, le 327 offre un excellent compromis entre plaisir et raison.
Boîtes de vitesses et transmission : manuelles, automatiques et Positraction
Trois familles de boîtes étaient proposées :
- Manuelle 3 vitesses : solution de base, simple
- Manuelle 4 vitesses : option moins courante, plus “passion”, recherchée aujourd’hui
- Powerglide : automatique 2 vitesses, doux et fiable
- Turbo Hydra-Matic : automatique 3 vitesses, souvent associé aux gros V8
L’option Positraction (différentiel autobloquant) améliore la motricité arrière — un vrai avantage avec les V8 big-block sous le capot.
Options et configurations recherchées aujourd’hui
Les configurations les plus cotées combinent :
- Freins à disques avant (sécurité et valeur à la revente)
- Boîte manuelle 4 vitesses (rareté et sensations)
- Positraction (motricité et authenticité “performance”)
- Climatisation (rare à l’époque, très appréciée aujourd’hui)
- Toit vinyle (style emblématique des années 60)
- Radio AM/FM stéréo ou autoradio 8-track (authenticité d’époque)
- Vitres électriques et vitres teintées
Un exemplaire combinant plusieurs de ces options, avec les documents d’origine (bon de commande, manuel), vaut sensiblement plus sur le marché.
Sécurité et nouveautés 1967 : ce qui change avec les nouvelles normes
Le millésime 1967 coïncide avec l’arrivée de nouvelles réglementations fédérales américaines sur la sécurité. Chevrolet intègre plusieurs évolutions :
- Colonne de direction déformable, conçue pour absorber l’énergie lors d’un choc frontal
- Tableau de bord rembourré, pour réduire les blessures à la tête
- Ceintures de sécurité améliorées, avec ajout de ceintures d’épaule
- Feux de gabarit latéraux, pour une meilleure visibilité de nuit
Ces équipements font de la 1967 un millésime charnière, plus sûr que ses prédécesseurs immédiats.
Cote et valeur actuelle : hardtop vs sedan, état, authenticité et fourchettes de prix
| Version | État | Fourchette de prix |
|---|---|---|
| Sedan 4 portes, petit V8 | Bon état, restaurée | 15 000 – 25 000 $ |
| Hardtop 4 portes, V8 327 | Très bon état | 25 000 – 40 000 $ |
| Impala SS 427, état concours | Authentique, documentée | > 50 000 $ |
Le hardtop 4 portes est systématiquement mieux coté que la sedan. L’authenticité (numéros de caisse et moteur concordants, options d’origine) peut faire doubler la valeur. Les documents d’époque (window sticker, bon de commande) sont un argument majeur lors d’une vente.
Acheter une Chevy Impala 4 door 1967 : points à vérifier avant achat
Avant de signer, voici ce que nous contrôlons systématiquement :
- Carrosserie : rouille sous les ailes arrière, bas de caisse, plancher (points névralgiques sur les full-size des années 60)
- Châssis : inspection des longerons, soudures d’origine, traces d’accident mal réparé
- Concordance des numéros : numéro VIN, numéro moteur, numéro de transmission
- Documents : titre de propriété américain ou importation en règle (si achat aux USA), carnet d’entretien, factures de restauration
- Pièces : les pièces de carrosserie restent disponibles via le marché américain (Year One, Classic Industries), mais le budget peut vite monter
Un exemplaire à restaurer se trouve entre 5 000 et 10 000 $. Comptez ensuite un budget conséquent selon l’état réel.
Pourquoi la 1967 Impala 4-door est devenue culte (dont Supernatural et “Baby”)
La culture populaire a largement amplifié la notoriété de cette voiture. La série Supernatural met en scène une Impala 1967 hardtop 4 portes noire, surnommée “Baby”, conduite par le personnage de Dean Winchester — équipée d’un V8 327 selon la fiction. Cette présence à l’écran pendant 15 saisons a généré une communauté de fans massive et a directement fait monter la demande sur les hardtops noirs 4 portes.
Au-delà de la série, l’Impala 1967 cumule tous les arguments du véhicule culte :
- Design immédiatement reconnaissable
- Mécanique accessible et robuste
- Espace généreux pour toute la famille
- Gamme moteur du calme au spectaculaire
C’est ce mélange unique — grande familiale + potentiel muscle car + style iconique — qui en fait aujourd’hui l’une des américaines des années 60 les plus recherchées sur le marché mondial.
À retenir
- La Chevy Impala 4 door 1967 existe en sedan (avec pilier B) et hardtop (sans montant, plus cotée)
- Cinq motorisations disponibles : de 155 ch (6 cyl.) à 385 ch (V8 427 big-block)
- Le V8 327 est le meilleur compromis performance/fiabilité de la gamme
- La cote actuelle va de 15 000 $ (sedan restaurée) à plus de 50 000 $ (SS 427 authentique)
- La série Supernatural a sensiblement renforcé l’attrait — et le prix — des hardtops noirs